Supression du cumul des mandats : la mère de toutes les réformes
Posté le 14.05.2008 par incroyablemaisvrai
Plus de 85% des parlementaires français (Députés ou Sénateurs) cumulent leur état de parlementaire avec un ou plusieurs autres mandats électifs?
Préconisée par la commission Balladur, l’interdiction de cumul des mandats ne fera, hélas ! pas partie de la prochaine réforme des institutions. Les professionnels de la politique ont encore de beaux jours devant eux.
D’après l’Institut Montaigne,
"la France est le seul grand pays développé à connaître une telle situation. Ailleurs en Europe, le cumul est soit interdit juridiquement, soit découragé financièrement, soit tout simplement inexistant en pratique."
Lire l’argumentaire de l’institut sur
http://www.institutmontaigne.org/mettre-un-terme-au-cumul-des-mandats-2606.html
Lors du vote de la loi sur les OGM, sujet important s’il en est, seuls 330 députés sur 577 ont assisté aux débats et participé aux votes. Les 247 autres, soit plus de 40% de l’hémicycle, ont été à la pêche : ce qui veut dire que ce jour-là, 42% des français n’étaient pas représentés à l’Assemblée Nationale et n’ont ainsi pas pu faire valoir leur position.
Outre cet absentéisme insensé des députés, absentéisme qui constitue un véritable camouflet pour la démocratie, il est de notoriété publique que, lors des séances du parlement , la plupart des députés qui viennent arrivent à Paris le mardi matin et en repartent le mercredi soir après la séance (télévisée) des questions au gouvernement.
Donc, non seulement une bonne partie des députés ne fait pas son boulot, mais, de plus, ceux qui sont là travaillent à peine à mi-temps.
En clair, pour la plupart d’entre eux, il ne s’agit pas d’exercer leurs mandats mais d’occuper des fonctions.
Un pays dont certains ministres sont présidents de Conseils Généraux ou Régionaux, ou encore où des députés et sénateurs cumulent sans vergogne des postes de Maire ET des présidences de communauté de communes, est un pays gravement atteint sur le plan de la démocratie.
Si l'on ajoute à cela que plus de la moitié de ces grands cumulards sont aussi adossés à leur statut de fonctionnaire, fonction publique qu’ils sont eux-mêmes sensés diriger en temps qu’élus, on commence à se faire une véritable idée de l’extraordinaire conservatisme, voire immobilisme, dans laquelle cette oligarchie tient l’ensemble de la Nation.
Premiers et grands profiteurs du système, pourquoi voulez-vous qu’ils abandonnent un iota de leurs pouvoirs acquis en asséchant littéralement les territoires électoraux par le biais des investitures partisanes ?
Depuis 30 ans, ces oligarques à la russe mènent la France à la faillite, le cumul des mandats leur permettant de croire que, élus puis réélus, les français leur donnent quitus de leur déplorable gestion des intérêts du pays.
Ils sont bien les seuls à le croire !
Seule une révolte pourra leur faire lâcher priser.
Delenda est Cartago !
.
--
:: Poster un commentaire
:: Les commentaires des internautes
CUMUL REFORME PYRAMIDE INSTITUTIONNELLE
Posté par
GAUTIER le 22.05.2008
REFORME DE LA PYRAMIDE INSTITUTIONNELLE :
En France, et il en va ainsi malheureusement également pour les lois, on sait créer de nouvelles structures institu-
tionnelles, mais cela sans jamais en supprimer une seule. D’où de fâcheuses superpositions, un véritable millefeuil-
le, de compétences, de moyens de financement croisés, de dilution de prises de responsabilités entre les collectivi-
tés et autres institutions concernées : communes, groupements de communes, communautés de Pays, communautés
d’agglomérations, départements, régions, Etat. Cela dans la plus grande confusion.
Le manque de lisibilité globale, de transparence de l'action de chaque collectivité territoriale, locale est patent. Certains poissons aiment à nager en eau trouble.
Cela a pris une plus grande acuité du fait des nouvelles compétences attribuées par les lois de décentralisation. Ceci d’autant plus qu’a été reproduit, à chaque niveau, dés qu’une once de nouveau pouvoir est attribuée, le centralisme que l’on réprouve lorsqu’il est l’œuvre de Paris ou d’un échelon plus important que soi ! Le syndrome de l’enfant battu !
Or, il faut le rappeler, aujourd’hui plus de 80% des investissements publics réalisés en France sont assurés désormais par les collectivités territoriales; 90 % des dépenses d'aide sociale sont gérées par les collectivités locales, et notamment par les départements.
Il est donc important et urgent, si l’on souhaite réellement réformer et décentraliser la France aujourd’hui seulement « déconcentrée », de redéfinir les différents niveaux, de la pyramide institutionnelle en déterminant de manière précise, les compétences et moyens affectés à chacun d’entre eux et les sources de financements pour mener à bien les politiques engagées.
Cela pour plus de transparence, de lisibilité, d’efficacité, de moindre coût surtout pour les contribuables. Les feuilles d’imposition sont révélatrices - dans leurs augmentations constantes - des doublons «coûteux» qui existent en terme de frais de fonctionnement et autres investissements immobiliers! Louis XIII n’est pas le seul à avoir voulu son petit Versailles !
Certains organismes gonflent alors que ceux qu’ils sont censés remplacer à certains niveaux de compétences gardent toutes leurs rondeurs budgétivores! A cet égard, il semble que nous soyons, une nouvelle fois, s’agissant des différents niveaux de Communautés qui lèvent impôts, en présence d’un grave « déni de démocratie »
Il faut défendre l’idée que l’élection de leurs représentants doit se faire au suffrage universel ! Cela légitimerait les élus et les rendrait sans doute un peu plus responsables face à l’utilisation des deniers publics !
Cela suppose aussi, action volontariste, la suppression et le regroupement - au moins au niveau de leur structure administrative, de nombreuses communes. Sur les plus de 37.000 qui existent en France 31.000 ont moins de 2.000 habitants. Ceci dans le même temps où certains autres échelons, le Conseil général par exemple, comme cela a été évoqué en son temps, ou d’autres institutions, puissent subir du moins dans leur forme actuelle, une remise en cause de leurs compétences, voire de leur propre existence. Cela éviterait la mise en chantier de structures immobilières pas toujours adaptées aux besoins mais étant très dispendieuses dans leurs coûts pour la collectivité toute entière !
Un autre avantage serait de réduire la complexité des démarches administratives devant laquelle se trouvent les porteurs de projets qu’ils soient simples citoyens, responsables d’entreprises ou …de collectivités locales.
Le « parcours du combattant » qui leur est imposé à chaque fois s’en trouverait simplifié !
Pour commencer à remettre la démocratie en route en France, la priorité des priorités est donc d’avoir la réelle volonté de mener à bien une véritable réforme de la pyramide institutionnelle et cela dans l’intérêt général en oubliant le maintien de fiefs et autres baronnies. C’est un préalable, au même titre que le statut de l’élu, à l’indispensable et urgente réforme du cumul des mandats.
Ne pouvant compter sur les élus eux-mêmes pour mettre en route ce processus il appartient aux citoyens de le leur imposer.
En juillet prochain l’Europe sera présidée, triste exception, par la France des cumulards !
Lien vers mon blog